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Mais qui êtes-vous ?

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Je me présente dans un nouveau groupe et la première question me  ge aussitôt : "Bonjour, bienvenue. Alors, qui êtes-vous donc ?". L’horreur. J’ai toujours ressenti une panique m’envahir lorsqu’on me pose cette question. Qui suis-je ? Je n’ai jamais su quoi dire. Qui suis-je, mais qui suis-je ? Qu’attend-on de moi quand on me pose cette question ? Que je donne mon nom, que je dise d’où je viens, les études que j’ai pu faire, mon cursus professionnel, si je suis mariée, si j’ai des enfants ? Est-ce que tout cela dit qui je suis ? Ou bien veulent-ils savoir ce que j’aime faire, ce qui a de la valeur pour moi, ce qui me tient éveillée la nuit, si je crois en quelque chose et en quoi, si je vais être capable de les aider dans leur groupe, et à quoi ? Ou est-ce juste une question bateau pour lancer la discussion À certaines étapes de ma vie, j’indiquai le travail que je faisais, comme si ça disait tout de moi, le travail dé nissant un rôle et un rang dans la société. Aux Etats-Unis, une question rela- tivement courante est : "Combien gagnez- vous ?". En France, on se croit plus discret en imaginant le niveau de revenus de l’autre à partir de son habillement, sa voiture, son logement, ses bijoux ou autres signes exté- rieurs de richesse. Ce qui, en fait, n’apprend rien sur qui on est. Raymond Devos le disait déjà : "Je suis jugé sur des signes extérieurs de richesse, alors que ma richesse est toute intérieure".

Richesse intérieure. Est-ce cela que les gens veulent découvrir lorsqu’ils me demandent qui je suis ? Et où se manifeste ma richesse intérieure ? Dans ce qui me passionne, ce en quoi je crois, dans mon comportement en face des situations et des gens que je rencontre ? Voilà peut-être une piste. Qui suis-je ? Je me rends compte que, lorsque je ne prête pas grande attention à ce que je fais, je suis tout et rien. Face à la même situa- tion, un jour je souris, le lendemain je me lamente. Je ne décide ni de sourire ni de me plaindre, ça vient tout seul. Est-ce parce que la situation n’est pas fondamentalement la même, ou parce que je suis une girouette , ou encore parce que je suis d’humeur heureuse ou chagrine ? En regardant de plus près, je vois que je peux passer du sourire à la plainte, puis de nouveau au sourire, d’une seconde à l’autre, en fonction de ce que me dit ou ne me dit pas la personne en face de moi. Dire que je me prenais pour une femme de caractère, je dois déchanter ! Je n’en ai aucun puisque, la plupart du temps, quelque chose décide en moi sans que j’aie pris la moindre part dans la "décision" d’adopter une attitude plutôt qu’une autre.



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