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[PDF] N°74 : Sortir de la souffrance

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Reconnaissons "l’ego", cette instance en nous qui, parfois avec passion et contre toute logique, tout bon sens, veut tout et tout de suite : un égocentrisme entraînant les incivilités, les agressions, le "moi d’abord" et souvent à n'importe quel prix.

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EDITORIAL

Nous avons vu apparaître un phénomène connu, mais un peu oublié : la revendication massive d’être entendu, respecté, libre d’agir, de choisir. Il n’est pas de mon ressort de juger ces mouvements de foule, mais je peux constater combien ce besoin de liberté enflamme nos sociétés en perte de repères et de modèles fiables devant la violence, le racisme, le nationalisme, l’intégrisme, la haine. Que se passe-t-il ? Il n’y a pas qu’une seule réponse, et chacun détient certainement un fragment de vérité.

Ce numéro de Science de la Conscience vous propose des pistes de réflexion : par exemple, la reconnaissance de "l’ego", cette instance en nous qui, parfois avec passion et contre toute logique, tout bon sens, veut tout et tout de suite : un égocentrisme entraînant les incivilités, les agressions, le "moi d’abord" et souvent à n'importe quel prix. Nous baignons dans l’illusion de la toute-puissance, sans aucune notion du temps qui passe pourtant si vite, préoccupés exclusivement de notre bien-être, œuvrant surtout à obtenir sans attendre ce qu'il nous semble légitime d’avoir. Nous avons oublié que l’autre est aussi important que nous, qu’il a les mêmes droits...

Comme si, tout adultes que nous sommes, nous traversions une crise d’adolescence dont nous n’arrivons pas à sortir, faute de rencontrer une autorité sécurisante et cohérente à laquelle nous confronter. Pourtant, cette instance se trouve au fond de chacun de nous. Soyons-en certains : l’urgence de nos désirs est un enfer, notre ego une prison, notre liberté une illusion. Nous n’avons jamais été aussi esclaves de notre individualisme. Nous recevons beaucoup, sans cesse, mais ne savons pas l’apprécier puisque, sitôt satisfaits, nous sommes entraînés ailleurs par une autre compulsion.

Il est temps de retrouver un peu de discernement et de sortir de cet égocentrisme qui nous étouffe. C’est ce que ce numéro s'efforce de vous expliquer, dans le respect auquel vous avez droit.

Chaleureusement,

Coline d’Aubret

Tant qu'on est attrapé par les pensées, les émotions, les sensations ou tant qu'on s'y accroche, on leur est soumis, on n'est pas libre.
Selim Aïssel

SOMMAIRE

L'ego est une prison

Attitudes, habitudes, pensées, émotions : à observer pour les transformer et pour pouvoir s'en libérer. Une allégorie orientale dit que l’être humain est en prison. Il est prisonnier de ses habitudes et des conditionnements de son éducation. Il est prisonnier de ses émotions : antipathie, sympathie, élan amoureux puis déception...

L'enfer du désir

Nous pouvons apprendre à ne pas laisser nos désirs (et leur contraire, nos aversions) diriger notre vie. Les gens passent leur temps à vouloir maîtriser toutes sortes de choses sur lesquelles on ne peut pas avoir de véritable maîtrise : leur avenir, leur santé, leur profession, le temps, les relations avec leurs parents, leurs enfants, tout le monde, l'économie, la politique... Inversement, ils ne veulent pas maîtriser ce qui peut l'être !

La volonté égoïste

Nous disons que l'être humain n'a que très peu de volonté réelle, qu'il est mû par ses désirs et ses aversions. Toutefois, une façon efficace de renforcer la volonté est de décider, quoi qu'il arrive, de ne plus manifester extérieurement ses émotions négatives, de rester bienveillant, courtois, respectueux et en faire son affaire intérieurement.

L'illusion de la liberté

La vraie liberté n'est pas d’avoir le choix, c'est ne plus avoir de choix ! Une définition de la liberté pourrait être : pouvoir réaliser sa véritable nature (tout ce qui ne le permet pas, c'est ce qui empêche la liberté) et nous savons que la véritable nature de l'être humain n'est pas terrestre...

Toujours le meilleur choix possible

Ce que vous faites, même votre pire action, est toujours le meilleur choix possible étant donnée la situation dans laquelle vous êtes. Vos choix entraînent des conséquences que vous êtes obligés d'assumer, mais ils ne changent rien à l'être ou à l'âme que vous êtes au fond de vous.

De l'adolescence à la maturité

La plupart des gens ne deviennent jamais réellement adultes alors que c'est la condition nécessaire pour accéder à la liberté véritable. Si vous décidez de faire dépendre votre bien-être d'un autre ou des autres, si vous pensez - par exemple - que votre épouse est responsable de votre bien-être, c'est fichu : vous allez souffrir et elle va souffrir, parce que vous êtes dans un état de dépendance qui blesse un principe...

Les bases du changement

Lorsqu'on travaille avec d'autres, mieux vaut toujours faire un contrat de fonctionnement, par exemple : nous allons construire une cabane ensemble. Ensuite, peu m'importe que le responsable me parle gentiment ou de façon plus autoritaire parce qu'il veut que le travail avance. Qu'il soit doux ou un peu véhément, peu m'importe, mon contrat avec lui, c'est qu'il me dise quoi faire et je le fais. Le ton sur lequel il me le dit n'a aucune importance, je ne le reçois pas comme une pression.

La liberté : à acquérir

Un chemin pour dépasser les conditionnements imposés par notre éducation familiale, scolaire, religieuse ou philosophique... Toute expérience nouvelle peut participer à l'évolution de l'esprit que vous êtes, sauf si vous la classez au milieu de vos vieilles expériences, auquel cas la nouvelle situation ne vous apporte rien. Mais si vous la vivez avec conscience, avec présence, cette situation n'a jamais existé vous vivez un moment neuf.

Les étapes du processus de libération

Parce que vous vous identifiez à votre cerveau, à votre corps, il n'y a pas d'espace en vous pour une instance à la fois plus subtile et plus grande. Mais c'est le processus d'observation et de libération progressive qui importe. Libération, mais de quoi ? Libération de votre être véritable...

Égocentrisme et considération extérieure

Le cœur qui s'ouvre empêche de se comporter comme un animal ou un automate. La peur, la tristesse et la colère sont trois émotions dites primaires et tous les nouveau-nés en font très rapidement l'expérience. Ensuite, lorsqu'on ne sort pas de l'enfance, on les reproduit sans cesse tout au long de sa vie adulte.

Pas seulement pour moi : avec les autres

Dans la capacité de travailler avec les autres, il y a nécessairement un sacrifice de l'ego. Vous ne pouvez pas développer vos qualités et votre essence (c'est-à-dire votre être véritable) ne peut pas être nourrie si vous restez enfermés dans votre égoïsme. Votre essence ne peut se déployer qu'au contact des autres, dans une relation harmonieuse avec les autres, donc dans l'amour, l'amitié, la compassion, la bienveillance.

L'amour véritable

Lorsque vous comprenez qu'il faut laisser de l'espace à l'autre, c'est déjà beaucoup et si, en plus, vous arrivez à le faire. S’il n'y a pas la bienveillance, non seulement en tant que désir ou but, mais aussi dans les actes posés, il n'y a pas d'amour, alors que les actes bons ne peuvent naître que de l'attention que vous portez à l'autre et de la compréhension que vous avez de lui.

Du troisième au quatrième niveau de conscience

Le niveau auquel l’humanité n’a pas encore accédé correspond au quatrième chakra, le chakra du cœur. Certains, peut-être parce qu’ils ont beaucoup souffert ou constaté les limites de leur égocentrisme, se disent qu'il faut arrêter de ne vouloir que pour soi...

Devenir intelligents collectivement

Le premier pas vers la liberté débute lorsque nous commençons à regarder l'ego avec clarté et compassion plutôt qu'avec complaisance. Aux yeux des personnalités narcissiques, en nette augmentation dans nos sociétés modernes, ce sont toujours les autres qui ont un problème. Elles sont incapables d’envisager qu’elles pourraient être la cause du malheur des autres...

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