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Pas de sens

SC_68_A11

"J’ai tant travaillé, j’ai créé mon œuvre, contre vents et marées. J’y ai laissé ma jeunesse, mes amours. J’ai oublié mon talent et maintenant, j’y laisse ma santé, peut-être. Tout ceci pour rien ou presque. Demain, je signe la vente de la société, et après ? Encore quelques jours comme cela et plus personne ne se souviendra de mes efforts, de moi encore moins. Que vais-je devenir ?

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Elle se disait :

Pourtant, cette vie ne pouvait plus durer. Les jours, les nuits, rien pour moi, tout pour la société. Et maintenant, bien sûr il y aura le chèque. Qu’en faire, rien ne m’intéresse ! En n, pas vraiment. Je n’ai jamais pris le temps de m’intéresser à ce que j’aurais aimé. J’aurais tant voulu m’occuper de la vie, la vraie"."Jour après jour, j’ai rêvé du bien-être, pour moi, et pour ma famille bien sûr. Bien installés, la maison, la grande vie. Tout cela parce que j’ai réussi à faire fructi er le travail de mon père. Là où il vendait une paire de chaussures, j’en vends un plein camion, et ça bosse dur. Ma santé ? Pas un jour malade, l’entreprise le vaut bien ! Le confort, quand même, c’est normal, après tout ce travail. La super voiture ? C’est mon deuxième bureau, normal aussi. Tout, tout, tout pour l’entreprise.Et là, l’âge de la retraite, déjà... j’avais oublié qu’il arriverait, et il est là ! Que vais-je devenir sans ma raison de vivre ? À la maison, pour y faire quoi ? J’ai même oublié que je pouvais y être autrement qu’avec un dossier... Ça va me changer. J’en ai peur !"."Cette distinction, je l’ai bien méritée ! La famille, les amis, la presse, et même le député. Tous à m’acclamer ! Ils le peuvent, j’ai tout fait pour cela ! Ils me la doivent, c’est évident. Mon engagement est moi, rien que moi. Cela paraît simple aujourd’hui, mais toute ma vie s’y est consommée. Au travail avant tous, à fermer la porte derrière les derniers. J’ai travaillé sans compter. J’ai bossé plus que tout autre ici. Aujourd’hui, on me connaît, on me reconnaît. On vient prendre mon conseil, on m’écoute, on dépend de moi. Je suis le n°1 de mon activité. Parfois, je me dis : "Et si ça s’ar- rêtait... ? Je n’existe que par cela. Si cela s’arrête, je n’existe plus !"...

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