Intention et neurologie

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Une course vers la vie. Mais quelle vie ?
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N°36 - la force de l'intention  


Médecine malade ?

Dans les quotidiens médicaux que je parcours régulièrement, entre les pages consacrées à la formation médicale continue, celles consacrées aux périls grippaux et celles annonçant les dernières découvertes sur les anomalies génétiques à l’origine des maladies, s’étalent souvent les griefs, les revendications, le malaise et, parfois, le "burn out" des médecins.

Quel est l’arrière-plan de ce malaise, de ce mal-être des médecins… et de la médecine ?

La très grande technicité de la médecine moderne, qui s’est longtemps épanouie dans les services de chirurgie et de réanimation, s’applique maintenant aux greffes d’organes, aux méthodes de procréation médicalement assistée… et paraît créer, dans ces nouveaux secteurs, presque autant de troubles qu’elle n’en soulage. Malgré cette haute technicité, les malades atteints de cancer, d’anxiété, de dépression nerveuse se multiplient et les médecins ne sont pas épargnés, loin de là. La spécialisation de plus en plus pointue de tous les intervenants médicaux semble laisser sur le bord de la route les "généralistes" qui peinent à renouveler leurs effectifs, amoindris par le désintérêt des étudiants en médecine. Les objectifs de rentabilité économique s’appliquent de plus en plus aux médecins, qu’ils soient hospitaliers ou libéraux…, ce qui n’était pas prévu dans le serment d’Hippocrate.
Mais tout cela est à l’image des nouvelles valeurs de la société. Car la médecine a toujours été liée aux valeurs culturelles de son époque, de sa civilisation. Dans toutes les sociétés, toutes les civilisations, le sens donné à la vie, les valeurs partagées, ont de tout temps créé la cohésion des groupes humains. Derrière, ou en amont, existe toujours un but, une intention, qui sont peut être l’autre nom du "sens donné à la vie".

Mort inacceptable ?

Je fais régulièrement des gardes et suis donc régulièrement confrontée à des personnes dont le pronostic vital est en jeu. En l’espace de quelques années, j’ai été frappée par l’application de plus en plus systématique des méthodes de réanimation, en urgence, sur des personnes qui étaient soit très âgées, soit déjà mortes. Comme si la mort était inacceptable. Le développement des greffes d’organes, soustendu par une argumentation sans faille, me paraît relever de la même intention. Après la mort du corps de matière, il semble qu’il n’y ait plus d’avenir, plus de sens, alors, logiquement, on cherche à prolonger sa survie par tous les moyens...
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