L'éveil des managers

L'approche systémique et constructiviste

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L'éveil des managers

Françoise Kourislky
coach

Les limites de la logique binaire et linéaire

Comme l’ont brillamment démontré les théoriciens de l’Ecole de Palo Alto et de la pensée complexe, notamment Edgar Morin, il est urgent de réformer nos modes classiques de réfl exion et d’interaction pour manager et conduire le changement. En effet, ce sont les prémisses et les logiques classiques de pensée qui rendent diffi ciles le changement dans les interactions ou l’entravent en nous piégeant dans des cercles vicieux, hâtivement nommés “scénarios” ou “compulsion de répétition”. Alors, nous devons nous interroger sur leur pertinence. L’être humain, complexe et paradoxal, déjoue le déterminisme des modèles traditionnels pour l’appréhender. Sans exclure le mode analytique de pensée fondé sur une logique binaire, linéaire et déterministe, il s’agit de limiter celui-ci à ses domaines de validité, c’est-à-dire aux problèmes matériels, mécaniques et techniques qui peuvent être très compliqués sans pour autant être complexes. Cette remise en question des schémas traditionnels de pensée qui ont formaté nos cerveaux depuis des siècles ne doit pas être vécue comme une défaite, mais comme une ouverture épistémologique plus adéquate pour le développement et le management humains. Qui, en effet, n’a pas vécu la frustration d’avoir fait de son mieux, selon la logique du “bon sens” et du rapport de force, pour voir en défi nitive son problème se maintenir, si ce n’est s’aggraver ? Des constats comme “Le naturel a repris le dessus…”, “C’est plus fort que moi…”, “Je ne peux pas m’empêcher de…”, “Malgré tous mes efforts…”, illustrent les errances dans la gestion de soi et des autres. Les êtres humains sont des systèmes vivants, ouverts, à la fois autonomes et interdépendants. Ils doivent donc être appréhendés dans leurs contextes interactionnels spécifi ques et de façon éthique, c’est-à-dire conformément à leur écologie. Leurs représentations constituent leur “environnement mental et culturel” qu’il faut respecter si l’on veut éviter leurs résistances, leurs blocages, ou leur passivité, ou leur démobilisation. Si l’on envisage une nouvelle fois un problème avec les mêmes présupposés et logiques, on reste prisonnier des mêmes solutions ineffi caces et victime des mêmes blocages. Permettre à une personne de voir avec un regard neuf ce qu’elle a déjà vu, sans s’attaquer à son regard initial, est une étape primordiale pour dynamiser son évolution. Quand une personne ne se sent pas remise en cause, alors, paradoxalement et précisément, elle est prête à changer.
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