L'éveil des managers

Bettina Laville

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L'éveil des managers

Muriel Olivier
journaliste


La “surgé” des débats du Grenelle

Dans la catégorie sherpa vert, Bettina Laville est une pointure. Depuis trente ans que cette avenante quinqua grenouille dans le monde politico-environnemental, elle est devenue incontournable, et elle fait l’unanimité. Le grand public ne la connaît guère, non pas qu’elle aime oeuvrer dans l’ombre, mais c’est ainsi. Elle arbore pourtant un CV rutilant, elle qui a été successivement directrice de cabinet du ministre de l’environnement, Brice Lalonde, puis conseillère pour l’environnement de Bérégovoy. Elle rejoint la présidence de la République - et Mitterrand - jusqu’en 1995, puis retourne à Matignon pour conseiller Jospin, en 1997. A l’époque, elle qui roule pour le PS joue même le trait d’union entre son parti et les Verts. “Elle est l’une des personnes les plus intelligentes et les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ce domaine”, reconnaît Pierre Radanne, expert en énergie. Dotée d’un sens politique aiguisé, Bettina Laville s’est forgé une réputation de diva volontiers persifl euse. “Fidèle à ses amis, comme à ses ennemis”, “négociatrice à la dent dure”… les réfl exions de ceux qui la connaissent dessinent un personnage complexe, mais entier. Habile, la diva sait aussi mettre son réseau au service du monde associatif. Elle est à l’origine du premier festival du fi lm d’environnement (Riena).

En 1995, elle fonde le Comité 21, qui a pour but de faire vivre l’Agenda 21, c’est-à-dire le programme d’actions
pour le 21e siècle, ratifi é au Sommet de la Terre de Rio. Elle s’intéresse aux fondements philosophiques du développement durable, estime que la catastrophe est “relativement inévitable” et qu’il faut “construire un nouveau civisme, chez les gens et chez les dirigeants”. Matière à réfl exion “Les rapports entre la science et l’environnement sont peut-être l’articulation la plus importante en ce qui concerne la protection de l’environnement, au moins aussi importante que celle, aujourd’hui reconnue, entre l’environnement et ce que l’on appelle le social.

Ce concept de ‘machine’ qui a éclairé l’histoire et, en particulier, le 18e et le 19e siècle, avec des acceptions extrêmement différentes, est aujourd’hui, au 21e siècle, particulièrement décisif puisque nous avons à la fois la chance et le vertige d’expliquer ou d’avoir la perspective d’une explication des phénomènes environnementaux par la science et non plus par Dieu, par le hasard, par le ‘fatum’, d’autres choses ou d’autres personnages encore.” “Les Premiers ministres, les Présidents ne s’intéressent pas à l’environnement ? Si, cela les passionne. Mais toutes les décisions de l’environnement, en tout cas la plupart, sont ou bien des décisions d’extrême urgence, ou bien des décisions de très long terme… Et il y a deux choses que nous avons beaucoup de mal à traiter dans l’État : il s’agit de l’extrême urgence et du long terme !
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