L'intendant

L'intendant

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Du rêve d'enfance à l'enfant qui rêve...
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Décidez de votre vie


Il est dans les contes parfois autre chose qu’une histoire, alors écoute celui-ci, il pourrait te montrer des perspectives qu’aujourd’hui tu ne perçois pas…

Longtemps il avait rêvé de choses merveilleuses, entre réalité impossible et rêves bricolés.

Il rêvait de grandeur, de possessions, de vie facile. Combien de temps avait-il passé, enfant, devant la vitrine du marchand de jouets ? Combien de temps passerait-il à se prendre pour les héros de ses livres favoris ? Il croyait devoir vaincre sa pauvre enfance.

Pauvre, pas vraiment, mais la famille vivotait dans une petite ville de province. Dimanche, promenade familiale, et la semaine, le travail, dur. Les parents, harassés, tentaient de faire vivre les enfants.

A l’école, il était la moquerie de beaucoup. Ses vêtements faits maison, son embonpoint de mal nourri, son absence de vie extérieure en faisaient la victime idéale des enfants cruels. La télé n’existait pas à la maison, le journal s’y faisait rare. Un jour, il fallut tout abandonner, la famille partit pour le chef-lieu de province pour y trouver de quoi vivre mieux. Il espérait trouver la paix. Mais le provincial qu’il était restait la cible idéale. Alors, il ne restait que l’étude, le savoir… Combler l’esprit pour se montrer différent.

Le bonheur lui venait quand il pouvait épater son monde par une réponse documentée. Pourtant les sujets qui le passionnaient étaient loin de ce que l’adolescent est censé connaître et redonner à l’école. Il s’enfermait donc dans les lignes de ses rêves littéraires. La voiture de sport, un mariage brillant dans la meilleure société, la belle et grande maison, une famille, lui démontraient qu’il pouvait être là-haut. Un job hors du commun, à la tête d’une agence de banque, montée dans la hiérarchie, le pouvoir…

On lui demanda beaucoup, il donna sans compter. Trop vite, trop haut, mais rien ne le troublait. Rien ne pouvait l’abattre, pensait-il, rien ni personne ne pouvait le toucher… Il était conviction et entraînait tous ceux qui l’approchaient, sans trouble, certains diraient sans conscience. La vie lui avait donné le pouvoir d’acquérir ses rêves, il dépensait sans compter et se construisait un empire de plaisirs. Doucement il se noyait dans l’avoir. L’achat avait tôt remplacé le rêve et il s’ennuyait. Très vite, sous prétexte d’apporter le mieux aux siens, il s’en était éloigné, sans le sentir, sans le remarquer. Plongé uniquement dans la jungle de sa réussite. Et tout le justifiait...
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