La nature et les grecs

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N°40 - Ce que les Anciens savaient déjà


La nature et les Grecs

De la nécessité de réexaminer les fondations de la science moderne
selon Erwin Schrödinger

Pierre Maharan

Psychosociologue


A l’aube du 20e siècle, certains physiciens considéraient que la compréhension de la physique était proche d’être achevée. En 1900, Max Planck pose la théorie des quanta comme une première porte vers la fondation de la physique quantique, rapidement suivie de la théorie de la relativité d’Einstein. Ceci va correspondre non seulement à une révolution de la physique, mais aussi à un bouleversement de la compréhension du fonctionnement de l’univers, incluant le fonctionnement de la nature humaine. Tenter de définir les concepts de cette nouvelle branche de la physique a fait surgir de nombreux problèmes. Il est difficile de se faire des images de cette nouvelle représentation, avec la découverte que la matière dans sa dimension atomique et subatomique est tout à la fois onde et corpuscule, deux états qui semblent incompatibles mais pourtant combinés, voire superposés ; en parallèle, la difficulté est d’observer l’expérience puisqu’une particule élémentaire (électron par exemple) adopte un comportement qui semble perturbé par la “simple” opération de mesure, l’observation provoquant la réduction à un seul des deux états, sans pouvoir le déterminer à l’avance. Un des autres phénomènes spectaculaires est encore celui d’intrication quantique, associée à la notion de non-localité qui mène à observer que deux systèmes dits intriqués, quelle que soit la distance qui les sépare, s’influencent l’un l’autre de manière instantanée. C’est comme si, tout à coup, la réalité transparaît de l’autre côté du miroir, tout en restant insaisissable.

Les limites de la pensée scientifique actuelle

Le débat sur la question de la mesure et/ou de l’influence de l’observateur sur l’expérience a fait long feu entre théoriciens fondateurs, et dépasse le domaine de la physique pour déborder dans le philosophique. Le célèbre chercheur américain David Bohm considérait que la science a perdu sa créativité, dans la mesure où les chercheurs sont réticents à franchir les limites de leur vision ordinaire.

Un des épisodes les plus parlants illustrant ces difficultés de conceptualisation est la controverse qu’a suscitée pendant plusieurs décennies l’expérience du chat de Schrödinger et qui vit naître diverses options théoriques divergentes. Imaginée en 1935 par le physicien autrichien Erwin Schrödinger, afin de mettre en évidence le problème de la mesure en physique quantique, cette expérience est une bonne introduction à la complexité de la mécanique quantique et de la difficile convergence entre la réalité macroscopique et la réalité microscopique. Il s’agit d’une expérience en pensée, en lien avec le phénomène d’état superposé, dans laquelle un chat est enfermé dans une boîte fermée par un dispositif qui tuerait l’animal dès qu’il détecterait un électron issu de la désintégration de l’atome d’un corps radioactif. Dans l’interprétation de la mécanique quantique, le chat n’est alors ni mort, ni vivant. Il se trouve dans une superposition de ces deux états, tant qu’il n’y a pas d’observateur pour soulever le couvercle et vérifier..




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