Le sens caché

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N°40 - Ce que les Anciens savaient déjà


Le sens caché

Vers une redéfinition de la condition humaine ?

Gérard Bossy

éducateur social

Un goût d’inachevé

Dans “La légende des siècles”, Victor Hugo avertissait : “La lunette avançant fait reculer l’étoile …” Si l’on examine de plus près notre histoire contemporaine caractérisée par une poussée technico-scientifique, le constat laisse perplexe et s’accompagne d’un sentiment d’incomplétude. Ce goût d’inachevé n’est pas dû à une ignorance intellectuelle à l’origine du non-aboutissement de la méthode scientifique. Non, c’est plutôt le fait que plus l’approche du but semble compréhensible, plus elle semble dénuée de sens ; un sens qui devient justement référentiel, mais qui échappe encore à tout postulat jusque-là établi. Pour cette raison, le paradigme à venir se signalera par un âge de l’incomplétude qui admettra ses limites dans le domaine du palpable, tout en acceptant l’idée d’un “sens caché”, à l’œuvre dans les coulisses du théâtre de la vie. Les réponses devraient être cherchées “ailleurs” qu’au bout des télescopes ou des microscopes. Cette nouvelle façon d’aborder la réalité physique rejoindrait l’élan spirituel dont le rayonnement pourrait participer à éclairer les grandes questions restées jusque-là sans réponses. Derrière le rideau des apparences se cacherait l’essence par nature non identifiable. Albert Einstein avait dit : “Tous ceux qui sont sérieusement impliqués dans la science finiront par être convaincus qu’un Esprit se manifeste dans les lois de l’Univers, un Esprit immensément supérieur à celui de l’homme”…

Le chemin est toutefois long pour amener l’homme à faire preuve d’humilité et de modestie devant un grand mystère qui le dépasse. Dans la tradition juive, un enfant s’étonnait auprès du Rabbi du fait qu’autrefois, les prophètes parlaient à Dieu face à face, de visage à visage, et que cela ne se produisait plus. “Parce que les hommes, mon fils, ne s’inclinent plus assez bas”.

Une civilisation sans racines

Aujourd’hui, ce sont la marchandisation et le consumérisme instrumentalisés par des barons officiant sur l’autel du lucre qui dictent le rythme. Bien entendu, tout le monde souhaite retrouver un peu plus d’humanité dans un monde où tout va trop vite. Mais à force de se jeter quotidiennement les yeux fermés dans le tourbillon de l’existence, l’homme est devenu une toupie neuronale qui ne sait pas à quel moment elle va heurter l’obstacle et s’échouer misérablement sur le bas-côté de la vie. Il suffit de regarder en direction de la “marge” pour se faire une idée de l’ampleur des ravages dus à la jouissance de ceux qui nous donnent le tournis !



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