Et si l'on s'aimait pour de bon ?

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N°44 - L’ABC du bien aimer


Et si l'on s'aimait pour de bon ?

et regarder les choses en face

Jean-Marie Pelt
conférence au Salon Science de la Conscience, Le Hohwald, 28.9.2007


Comment l’évolution a-t-elle peu à peu imposé cette valeur qu’est l’amour, et pas seulement dans l’humanité, mais aussi dans le monde animal qui, sur le plan affectif, nous ressemble beaucoup plus qu’on ne le pense ?

La vie animale

Les éthologues ont pu mettre en évidence chez les cichlides (NdlR : famille de près de 1800 espèces de poissons très recherchés par les aquariophiles) une étonnante évolution qui va de l’agressivité, visant à la protection du territoire par l’élimination des intrus, à l’inhibition de l’agressivité. Lorsque la femelle cherche à s’imposer, le mâle se précipite sur elle pour la chasser mais, au dernier moment, s’arrête et ne la met pas en fuite : il a dévié son instinct d’agressivité. C’est exactement ce qu’on fait quand on est en colère et qu’on donne un coup de poing sur la table et non sur la figure de celui qui nous a énervé.

On assiste ainsi dans le monde animal à une dissolution de l’agressivité dans l’amour

L’inhibition de l’agressivité existe donc déjà dans le monde archaïque des poissons, mais on la découvre encore mieux chez les canards, qui devraient être nos maîtres et nos experts en matière amoureuse, tant ils ont dans ce domaine des comportements tout à fait étonnants ! Chez le colvert, c’est la femelle qui fait la demande de mariage, et quand le mâle l’accepte, il se met à lisser ses plumes, ce qui correspondrait chez nous à montrer ses biceps... Les canards forment des couples stables et il y a dissociation entre l’amour durable et la sexualité : le couple se forme souvent avant la puberté et donc en dehors de toute pulsion sexuelle. Konrad Lorenz a beaucoup insisté sur le fait que leur attachement n’est pas lié qu’à la sexualité et va bien au-delà : c’est ce qui vit aussi dans les couples humains réussis, pour qui la sexualité n’est pas le moteur premier. De plus, les canards ne connaissent pas le divorce et, lorsqu’un des partenaires meurt, l’autre fait une véritable dépression. Nous avons là l’exemple d’un amour indéfectible, au-delà de l’expression de la sexualité, dans un couple durable : généralement pour toute la vie. On assiste ainsi dans le monde animal à une dissolution de l’agressivité dans l’amour, alors que l’agressivité est l’expression première dans l’organisation de la vie. Cette expression de l’amour grandit encore dans l’instinct maternel, où il n’y a plus d’agressivité parce que le petit n’est pas perçu comme un compétiteur - : c’est de l’amour pur. C’est ce mouvement-là que nous sommes invités à adopter dans nos comportements humains.
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La vie humaine

Les Grecs avaient trois sortes d’amour : eros ; agapè ; philia

La vie surnaturelle


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