Le mensonge des ennéatypes

Le mensonge des ennéatypes

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L’ignorance est le plus fondamental des trois poisons, car c’est celui qui facilite les deux autres. "L’ignorance consiste à ignorer (volontairement ou involontairement) la véritable nature de la vie. C’est un aveuglement à la réalité de l’interdépendance.

Quantité

Être un ‘Chercheur de Vérité’

Par ailleurs, Selim Aïssel, quand il parle du trait négatif du caractère qu’est le mensonge, donne une bonne idée du travail spirituel à faire par rapport à ce trait. "Pour désigner ceux qui sont en chemin, l’expression reprise depuis toujours dans les enseignements est ‘Chercheurs de Vérité', parce que c’est là leur caractéristique essentielle. Lorsqu’on n’a pas accès à la Vérité, on est dans l’illusion, et le monde spirituel n’est pas un monde d’illusion : c’est même le seul monde réel, celui seul qui reste quand tous les autres mondes sont détruits. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de mener une lutte à mort contre le mensonge, et pour cela, de sortir de l’ignorance et de l’illusion, c’est-à-dire d’apprendre à connaître les choses, en commençant par comprendre tous ses propres mécanismes intérieurs. Il faut accepter de jeter bas le masque, tous les masques, dont on s’est recouvert soi-même. D’où la nécessité de passer par cette étude pénible, si inconfortable, de nos défauts, de nos faiblesses, de nos manquements, de nos limitations, de nos traits négatifs du caractère. C’est là le passage obligé."Là encore, on retrouve des indications relatives aux différents masques que nous portons, par exemple les conditionnements des types de l’ennéagramme, et à l’intérêt de leur étude sérieuse, sur la base de l’observation de son type de l’ennéagramme, pour nous affranchir du masque que nous portons, puis de la mise en pratique de cette compréhension. Les différentes formes d’illusion et de mensonge se retrouvent dans chacune des difficultés que nous rencontrons avec l’étude et surtout avec la pratique de l’ennéagramme.

1e difficulté : les tampons

Le premier de nos mensonges est l’illusion de croire que nous nous connaissons déjà. Or, nous avons vu par ailleurs qu’il existe dans l’être humain un mécanisme qui l’empêche d’accéder à sa propre réalité, à ses propres contradictions : c’est le mécanisme des "tampons". C’est grâce à eux que nous ne voyons pas que nous sommes différents face à des personnes différentes, aimables avec les uns, méchants avec d’autres, dans le courant d’une même journée, enthousiastes en début de journée à l’idée de mener un projet, puis découragés face aux oppositions ou difficultés qui se dressent lors de sa réalisation. Avant de commencer moi-même l’étude de l’ennéagramme, je me voyais tolérant, et c’est même une qualité dont j’étais fier.

D’ailleurs, pire que cela, je détestais les intolérants. Mais je ne me rendais pas compte que je rejetais aussi les racistes, les gens sectaires, les fanatiques, les gens bornés, les obtus, ceux qui obtiennent tout par la flatterie, et la liste continue encore longuement. Donc en réalité, en "vérité", j’étais toute la journée dans une forme de non-tolérance, en train de ruminer sur les imperfections des autres, les injustices qu’ils me faisaient subir, leur manque de respect, etc. Aveugle à ma propre réalité, persuadé de mes qualités de tolérance, je passais allègrement mon temps à juger les autres. Si personne n’avait attiré mon attention sur ces contradictions, si je n’avais pas eu des amis véritables, jamais je n’aurais pu commencer à voir mes propres incohérences. Et la lecture seule de l’ennéagramme, ou de tout autre livre sur la psychologie, ne peut pas aider autant que des amis qui, en toute bienveillance, acceptent d’éclairer notre vision personnelle fragmentaire et sélective de notre propre réalité. Dans ce domaine, je me souviens de la réaction violente d’une amie fortement teintée de l’énergie de l’ennéatype 2.

Elle venait d’apprendre que les actions ("J’aime et j’aide") de cet ennéatype n’étaient généralement pas désintéressées, mais teintées du besoin de recueillir des signes de reconnaissance en retour des services rendus. Malgré notre amitié, et malgré le fait qu’elle se disait prête à utiliser ces informations pour évoluer et s’améliorer, elle avait pris cette simple information factuelle comme une attaque personnelle et sa réaction avait été une colère explosive : "Comment ? Tu oses m’accuser, moi, de rendre service avec des arrière-pensées de récompense, alors que c’est toujours désintéressé de ma part !". Après cette colère initiale, elle avait pu vérifier que cette information que je lui avait donnée correspondait bien à sa réalité, et un travail avait été possible. Quand il y a, d’une part, sincérité dans la démarche d’évolution et que, d’autre part, cette sincérité rencontre bienveillance et respect, à partir de cet éclairage apporté par des amis, le travail d’observation peut commencer, par exemple l’observation de nos habitudes, l’observation de nos sélectivités affectives, l’observation de nos évitements, l’observation des erreurs que nous commettons et que nous justifions, et c’est là une deuxième forme de mensonge...



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N° 57 -Et si on arrêtait de mentir ?

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