N°07 - Respect de la Terre, écologie, interdépendance

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Nous sommes confrontés à notre disparition possible, non plus du fait d’un dieu vengeur et courroucé, ni même d’un fou qui ferait “sauter la planète en appuyant sur un bouton”. Rien d’aussi grandiose. Mais tout aussi tragique. Nous sommes face à nous-mêmes, et sans échappatoire.

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Lorsque nous observons l’état actuel de la Terre et nos choix de vie face à sa dégradation, nous pouvons à juste titre voir monter en nous un sentiment d’urgence. Urgence, mais pas impuissance. Nous sommes confrontés à notre disparition possible, non plus du fait d’un dieu vengeur et courroucé, ni même d’un fou qui ferait “sauter la planète en appuyant sur un bouton”. Rien d’aussi grandiose. Mais tout aussi tragique. Nous sommes face à nous-mêmes, et sans échappatoire. La terre est ce qu’elle est de par notre propre fait. Nous sommes tous concernés. Nous sommes tous responsables. Et chaque jour, nous pouvons décider ou non de faire un pas de plus et dans quelle direction...

Il y aurait tant à dire sur le sujet, tant d’aspects à aborder, que nous aurions pu doubler, voire décupler le nombre de pages de ce dossier “Interdépendance et écologie” sans pour autant prétendre à une quelconque forme d’exhaustivité... Aussi avons-nous choisi, arbitrairement, subjectivement - mais comment faire autrement ? – de vous présenter ici diverses manifestations possibles d’une prise de position responsable. Nous avons voulu nous interroger, avec vous, sur des choix possibles ici, maintenant, pour chacun d’entre nous, où que nous soyons et qui que nous soyons. Mais surtout, tout en étant conscients de l’imminence d’une catastrophe possible qui rayerait l’humanité de la carte, nous n’avons pas choisi le désespoir, la fatalité ni la culpabilité ; nous avons choisi l’espérance. Nous persistons à penser qu’il est encore temps de faire quelque chose pour sauver la terre et les hommes. Ou, plus prosaïquement, pour sauver notre peau. L’image est crue, mais n’est-ce pas de cela qu’il s’agit ? Sans avenir, ne sommes-nous pas, en réalité, privés de notre présent ?

Vous trouverez dans ce numéro quelques pistes de réflexion, quelques points de vue nouveaux peut-être ou quelques incitations à agir de diverses manières, selon les convictions ou affinités propres à chacun : investissement éthique, ressources renouvelables, recyclage, consommation engagée, solidarité, travail de conscience... L’écologie a de multiples visages et le respect de l’environnement n’en est peut-être que la manifestation la plus extérieure.

Pour ce qui me concerne, je pense, de concert avec ceux qui ont écrit pour vous, que le temps de la réflexion est largement dépassé. Ou pour le moins qu’il ne peut se prolonger que s’il est accompagné d’un passage à l’action. Agir. Aujourd’hui. Même un peu. Chacun de nous le peut. Chacun de nous le doit, s’il revendique par ailleurs le titre d’être humain responsable. Je ne suis pas loin de croire, comme Marguerite Yourcenar, “que peu de bipèdes depuis Adam ont mérité le nom d’homme”. Et rien ne me ferait plus plaisir que de contribuer avec vous, dans la mesure de nos moyens, à la faire mentir un peu aujourd’hui.

SOMMAIRE


Illusion du savoir
(FOUCART Thierry)

Certains chercheurs, médecins, psychologues etc. ont de plus en plus tendance, dans leur travail, à recourir à des analyses quantitatives au détriment d’une démarche fondée sur une appréciation empirique ou clinique. Le codage numérique de l’information, indispensable au traitement informatique, devient pour eux la source unique de la connaissance, au plan scientifique comme au plan social...

Recherche transdisciplinaire: l’Homme est la connaissance réunifiés (WELTER Richard)

“Qu'y a-t-il en amont, entre, à travers et au-delà de toutes les disciplines ? C'est la question que pose la transdisciplinarité sans y apporter aucune réponse dogmatique, mais en réintégrant dans toute recherche disciplinaire, ou interdisciplinaire, ou pluridisciplinaire, la question socratique : “Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux.”...

Ecologie cosmique - Maintien réciproque classes d'essences (ANCARI Pir Kejttep)

...Ce principe permet de mieux comprendre l’interdépendance de toutes les créatures et la place réelle qu’occupe l’homme dans la création. Il présuppose d’appréhender ce que l’on nomme les différentes classes d’êtres ou classes d’essences. Chaque classe est étroitement liée aux autres et se maintient grâce à une autre, la mission de chacune d’entre elles étant la transformation de certaines énergies pour maintenir l’équilibre universel. L’énergie produite par une classe sert de nourriture ou de force de maintenance pour une autre. Que se passerait- il si l’une des classes ne remplissait plus sa fonction ?...

De la destruction à la préservation (ZIMMER Patrick)

Profitabilité, rentabilité, productivité sont nos maîtres mots. Ces priorités font fi de l’emploi et empêchent souvent de prendre des orientations qui seraient favorables sur le plan environnemental : des solutions techniques existent pour réduire les nuisances (dépoussiérage de fumées, traitement des effluents...) mais ne sont pas mises en œuvre pour raisons économique...

Biodiversité et interdépendance- écosystème (BARBAULT Robert

R: Barbault : ... La situation est finalement extrêmement intéressante : la crise environnementale, qui a “l’avantage” d’être planétaire, oblige finalement les sociétés humaines à avoir un sursaut sur elles-mêmes, à démontrer qu’elles ont une capacité de réflexion, un projet d’humanité, le souci des générations futures et des cultures voisines. Ce défi écologique est une chance pour redresser la barre, parce que la conception du monde qui semble s’imposer à nous paraît faire peu de cas des grandes cultures et valeurs humanistes...

Redresser la barre et grandir en conscience (PELT Jean-Marie)

J-M. Pelt : L’institut a été créé très tôt, en 1971, au moment où le mot même d’écologie n’était pas connu ; nous étions un peu des utopistes. Nous avons beaucoup travaillé à une prise de conscience générale et cet objectif est aujourd’hui atteint; l’opinion publique est consciente des enjeux planétaires. Le problème est de passer aux actes...

Changer de comportement et vite (BOURG Dominique)

D. Bourg: Je passe ma vie à réfléchir sur l’écologie au sens d’interface société/nature, plus précisément sur les responsabilités qui sont les nôtres vis-à-vis des générations actuelles et futures comme vis-à-vis de l’ensemble des espèces naturelles.

Interdépendance : un témoignage (FILAL Souad)

Tout nous contraint à courir d’une activité à l’autre dans le stress et l’urgence, la fausse urgence, car vous conviendrez qu’il n’y a de véritable urgence que lorsqu’il s’agit de sauver une vie humaine...

La consommation engagée, un réel effet pour l’avenir- commerce équitable, consommation éthique (LAVILLE Elisabeth)

En matière d’écologie, le choix des consommateurs fait force de loi... et pourtant, si 90 % des consommateurs français (selon une étude IPSOS), face à deux produits de qualité équivalente, donneraient leur préférence au produit fabriqué dans des conditions socialement acceptables, peu d'entre eux connaissent l'existence du commerce équitable et en consomment effectivement les produits...

Responsabilité politique des scientifiques (LANNOYE Paul)

L’ambiguïté est permanente dans les relations entre scientifiques et politiques : l’évolution technologique entraîne une implication des scientifiques de plus en plus grande dans les décisions politiques mais il est de bon ton dans la communauté scientifique d’entretenir l’image d’une distance, voire même d’une totale indépendance, à l’égard du politique, indépendance factice quand on sait que la recherche publique a bien du mal à survivre avec ses budgets de plus en plus étriqués, qu’il y a donc presque obligation pour les chercheurs à trouver des contrats auprès d’entreprises privées dans des secteurs financièrement puissants...

L’agriculture pour la chimie et l’énergie, une formidable source de richesses renouvelables(AGRICE)

L’humanité a 3 millions d’années, l’ère industrielle a 250 ans, la société de consommation a environ 50 ans. Au rythme de production actuel, les réserves de pétrole connues seront épuisées dans moins de 50 ans...


Le choix du bio - agriculture biologique (MEYER Maurice)

Consommer bio, c’est bon pour ma petite santé, évidemment, mais c’est bon aussi pour la terre et pour les autres hommes... Nous avons demandé à notre chroniqueur bio de nous rafraîchir la mémoire quant aux atouts essentiels et écologiques de l’agriculture bio. Histoire de ne pas penser qu’à son "petit moi"...

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