N°32 - La fin de l'espèce humaine ? Intelligence et conscience

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Ce N° est le premier d’une série de quatre que nous allons consacrer à une réflexion sur la fin éventuelle de l’espèce humaine !
Ainsi, nous développerons le premier scénario, à savoir : les machines supplanteront-elles les humains ? Cette éventualité pose évidemment la question de la reproductibilité de la conscience… Quelles différences entre intelligence et conscience ?

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Chers lecteurs,

Ce numéro est le premier d’une série de quatre que nous allons consacrer à une réflexion de fond qui nous intéresse tous de très près, puisqu’il s’agit de la fin éventuelle de l’espèce humaine !

Certes, il s’agit de tirer la sonnette d’alarme, comme le font aujourd’hui les médias de tous bords, mais il s’agit aussi et peut-être surtout de chercher des solutions, des espoirs, d’autres pistes inattendues ou audacieuses, et c’est ce que nous nous efforcerons de faire avec votre participation. Vous aurez la surprise de découvrir le point de vue de grands experts dans leur domaine, dont un Prix Nobel de Médecine : eux réfléchissent depuis longtemps à cette question et leur expertise leur permet d’avancer des propositions au moins éclairées et… plausibles. L’article d’Idris Lahore que nous reproduisons ici nous a en quelque sorte servi de “Table des Matières”. Ainsi, dans ces pages, nous développons le premier scénario, à savoir : les machines dites intelligentes (I.A.) supplanteront-elles les humains ? Cette éventualité pose évidemment la question de la reproductibilité de la conscience… Quelles différences entre intelligence et conscience ? Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Peut-on définir les états de conscience ?
Tout au long de cette année donc, vous découvrirez le point de vue de philosophes, médecins, scientifiques, psychanalystes, spiritualistes, sur ces questions. Notre directrice de la rédaction, Maya, les a rencontrés et interviewés pour vous. Ce questionnement nous a passionnés, et nous espérons être sortis des discours habituels, alarmistes, et faciles, ou sans issue. Science de la Conscience nous invite à nous interroger, à nos réveiller, à retrouver le fil du bon sens, à revoir nos repères, nos valeurs et nos a priori, à repenser nos ressources, à réaffirmer l’endroit de notre liberté véritable. Même en envisageant le pire, des solutions sont possibles pour que notre vie retrouve un sens, et jusque dans notre quotidien, avec force, enthousiasme et conviction.
Coline d’Aubret

SOMMAIRE

  • Quels risques pour l'humanité? (Luc Montagnier)

  • Du Big bang à l'apparition de la vie (Jean-Marie Gries)

  • Ce que l'humanité a oublié? (Antonin Pasquereau)

  • Sauvé par la génétique? (Idris Lahore)

  • Le mythe du robot (Daniel Ichbiah)

  • Intelligence artificielle (Claude Josserand)

  • Humanoïdes et cyborgs (Elisabeth Baranger)

  • Après l'Humanité, la Singularité (Francis Sehl)

  • Vertiges... Le post-humanisme (Jean-Pierre Petit)

  • De la production à la conscience (Jean De laprace)

  • La place de l'homme dans l'univers (Ennéa Tess griffith)

  • La conscience: Définition, étude et recherche (Florence Jacques)

  • Conscience et états de conscience (Selim Aissel)

  • La conscience morale (Coline D'aubret)

  • Cognition et conscience (Gérard Sabah)

  • De la reproductibilité de la conscience (Pierre Maharan)

  • La science des idiots (Pascale Ash)

Quels risques pour l'humanité ?

L'homme est aujourd'hui capable de manipuler et de mélanger les gènes de virus, de faire des constructions moléculaires... Il peut donc créer des germes extrêmement dangereux. Ceci dit, des épidémies de germes restent difficiles à contrôler du fait de ce brassage mondial, et l'épidémie peut aussi toucher celui qui la déclenche, mais on n'est pas à l'abri de fous suicidaires voulant entraîner dans la mort le reste de l'humanité...

Du Big-Bang à l'apparition de la vie...

Mettons en parallèle la vision scientifique de l'origine du monde avec la description donnée par l'anthroposophie de Rudolf Steiner... Pour la science, n'existent que des particules, la vie est un "hasard" permis par les lois élémentaires de probabilités ; rien ne prédestinait le "système" à évoluer vers la vie ou vers l'être humain. Pour l'anthroposophie, l'Homme occupe une place centrale dans l'univers, la description du monde se fait en fonction de l'être humain...

Ce que l'humanité a oublié

Dans toutes les traditions, il est question du déluge... Dans les textes mésopotamiens (Poème du Supersage, Épopée de Gilgamesh), dans la Bible (l'arche de Noé), dans les textes grecs et romains (mythe de Deucalion, mythe de Phylémon et Baucis), dans le Coran, dans l'Asvesta iranien (Yima prévenu par Ahura-Mazda de se construire avant le cataclysme une demeure souterraine), les Vedas (Manu sauvé par Matsya, qui lui dit de construire un bateau pour survivre) et les traditions amérindiennes faisant état d'une catastrophe ayant englouti tout un continent.

Sauvés par la génétique ?

Est-il encore possible d'agir sur les causes d'auto-destruction, afin de transformer l'être humain pour qu'enfin, il agisse avec sagesse et non par ignorance (souvent appelée théorie scientifique !), avidité, peur et violence. à travers les époques, des "Ecoles de Sagesse" ont essayé d'induire cette transformation de l'être humain. Je décris ailleurs cette 'histoire parallèle... Mais il semble cependant que ces "maîtres de sagesse" n'aient pas eu grand succès sauf si, et voilà le troisième scénario, grâce aux techniques génétiques, il devient possible au niveau du génome humain, d'éliminer les gènes responsables de ces instincts animaux destructeurs...

Le mythe du robot

En 1938, le biologiste Isaac Asimov développe trois lois de la robotique, censées empêcher les androïdes de nuire aux humains. 1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, en demeurant passif, laisser cet être humain exposé au danger. 2. Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi. 3. Un robot doit protéger son existence, dans la mesure où cette protection n'est pas en contradiction avec les deux premières lois...

Intelligence artificielle

Supposons qu'existe une machine surpassant en intelligence tout ce dont est capable un homme, aussi brillant soit-il. La conception de telles machines faisant partie des activités intellectuelles, cette machine pourrait à son tour créer des machines meilleures qu'elle-même ; cela aurait sans nul doute pour effet une réaction en chaîne de développement de l'intelligence... Il en résulte que la machine ultra intelligente sera la dernière invention que l'homme aura besoin de faire, à condition que ladite machine soit assez docile pour constamment lui obéir...

humanoïdes et cyborgs

On nous prépare, entre autres et par exemple, à travers le cinéma dans le film Blade Runner", de Ridley Scott (1982), le héro s'aperçoit que les "réplicants" qu'il pourchasse sont peut-être plus humains que lui. Longtemps créatures de science-fiction, les cyborgs appartiennent désormais à notre possible...

Après l'humanité, la singularité

D'après les experts, dans un futur proche, les machines continueront leur évolution avec la capacité de s'améliorer elles-mêmes, jusqu'à un stade où l'homme ordinaire deviendra totalement inutile, sauf s'il accepte de s'améliorer : de se greffer des composants capables de le rehausser au niveau de la machine. Les machines inciteront les êtres humains à 's'améliorer, pour que la communication reste possible et durable. Quant aux hommes "ordinaires", peut-étre seront-ils conservés dans des zoos comme représentants de l'évolution des espèces animales...

Vertiges...

Le savant, bon par nature... invente la bombe atomique. L'humain, bon par nature, la lance sur d'autres pour assumer sa politique d'orgueil ! Et revoilà le provocateur Sloterdijk, les pessimistes auteurs de science-fiction annonciateurs de catastrophes ! Quelle éthique nouvelle apporter à cette fin d'humanité ? Fuir, s'enterrer ou s'impliquer avec patience, modestie, bienveillance et juste un peu de sagesse ? A qui d'édicter les barrières du futur, sinon à l'Humain réfléchissant et bienveillant lui-même...

La Place de l'Homme dans l'Univers

Les traditions disent que l’homme se situe entre l’animal et l’ange : il est voué à l'animalité, sauf s'il comprend l’importance de lutter contre ses instincts animaux, égoïstes. L'homme est le seul être vivant capable de choisir son destin. Il peut choisir de connaître l'état “angélique” ou de n’être rien qu'une machine, et même de devenir pire qu’un animal. Celui qui choisit d’évoluer vers un état réellement humain, aura à commencer un travail, qui le mènera à une plus grande connaissance, conscience et pratique des qualités humaines...

La Conscience

Selon Bergson, celui qui perd conscience perd ainsi deux choses : la connaissance de ce qui lui est extérieur, le monde, et de ce qu'il est lui-même. Corollairement, avoir conscience, c'est avoir à la fois conscience du monde et de soi, c'est-à-dire tout uniment de la présence du monde à soi et de sa propre présence au monde ; la prise de conscience enfin, c'est encore la reconnaissance de l'identité de sa place dans une situation objective donnée...

Conscience et états de conscience

Avant d'aborder la notion de “conscience”, il est intéressant d’avoir présent à l’esprit que l’être humain, de par sa nature, est divisé en trois pôles : sa pensée, ses émotions et son corps physique. Cette division schématique nous aide à comprendre comment nous fonctionnons, à observer peut-être aussi à quel moment nous sommes mécaniquement dans l’un de ces pôles plutôt que dans un autre, à réaliser surtout à quel point nous sommes dominés par ces parties (de notre "machine" disait Gurdjieff)... qui nous empêchent d'être nous-même.

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